Ma démarche artistique s’exprime au travers d’intégrations in situ mettant en
jeu des extrapolations au delà des limites physiques même de chaque oeuvre,
interrogeant l’imaginaire de chacun par le biais de ses perceptions.
La plupart de mes pièces interroge chaque individu, que ce soit dans son
rapport physique au contexte dans lequel il se trouve comme dans un rapport
mental lié à son statut imposé (?) de spectateur. Il s’agit alors de cibler les
frontières et les contingences habituelles entre oeuvre, contexte et regardeur
afin de les repousser, de les étirer, de les forcer ou encore de simplement les
révéler. Pensées dans un double discours, à la fois analytique et ironique,
mes créations exploitent les fonctions d’objets manufacturés, les phénomènes
physiques ainsi que les codes d’expositions qui se voient alors dérivés,
remaniés, réagencés, extirpés de leur condition au profit de nouveaux sens.
Les formes données (ou non) à voir, sont ainsi de simples amorces invitant à
la réflexion afin d’en découvrir le(s) sens et de repenser la situation dans son
ensemble, depuis d’autres points de vue, le vide et les possibles venant alors
restructurer la pensée.
Dans cette perspective, j’opère des glissements depuis un contexte concret,
physique et réel, vers des espaces psychologiques et cognitifs, au travers de
relations intimes entre chaque oeuvre et chaque spectateur.
L’immédiateté d’une oeuvre est pour moi un prétexte de déplacement des
points d’intérêt. Un regardeur peut alors se satisfaire de ce rapport, mais il
ne pourra en comprendre la signification et la raison d’être. Afin de l’amener
à outrepasser ce simple état de fait, je place des référents en m’appuyant sur
l’utilisation d’objets usuels, communs et identifiables. Plus précisément,
ce ne sont pas les objets en tant que tels que j’exploite, mais plutôt leurs
fonctions et leurs charges symboliques. Il s’agit pour moi de me réapproprier
leurs connotations, de les décontextualiser et d’en changer les usages afin de
nourrir des questionnements non pas sur les objets eux mêmes, mais sur le
sens des oeuvres qu’ils alimentent.
Ainsi, chaque individu est invité non pas à observer des fonctions
décontextualisées, mais à les interpréter, à en découvrir les nouvelles
significations, à en faire l’expérience, parfois malgré lui, le plaçant alors
nécessairement non plus dans une position d’observateur, mais dans une
position induite de surveillance. En outre, il s’agit pour moi d’interpeller sa
psyché au travers de son ressenti, de ses certitudes, de ses craintes, de ses
affectes ou encore des stimuli transmis par ses sens.
En corrélation avec ce travail qui intègre le spectateur au centre même du
processus de création, je développe une ligne de recherches basée sur les
codes d’exposition et les statuts des divers acteurs de monde de l’art. Plusieurs
pièces viennent alors questionner et renverser les certitudes, les définitions et
les acquis, par des jeux de détournement, d’extrapolation, d’exploitation et de
redéfinition des divers mécanismes habituellement mis en place.
Portraits by Google Images - 21/11/11 - 13h13, impression numérique, 2011 Tryptique : papier, encre 440cm x 375cm
Dans la pièce Portraits by Google Images - 21/11/11 - 13h13 il est question de réactualiser la
notion de portrait d'artiste de par l'utilisation de l'outil de recherche Google Images (.com, .fr, .co.jp) qui définit
un panel d'images variables à chaque instant t, selon sa version géolocalisée, pour le mot clé Didier Hébert-Guillon.
Le processus entend respecter les dimensions et la qualité imposées par le passage de l'imprim écran (72 dpi, résolution
1920 x 1200) vers son équivalent métrique à l'impression.
Placé le long d’une paroi, un mètre s’étend selon l’espace et le temps qui lui sont octroyés lors d’une exposition.
Un déplacement d’unités de mesures s’opère alors : le temps devient visible et quantifiable.
Photographie conseillée, objet, 2011 Bois, Plexiglas, film teinté, leds infrarouges 10cm x 33.5cm x 10cm
Rien à voir hormis une boîte blanche, à l’avant de laquelle se trouve une vitre teintée.
Son intitulé, Photographie conseillée, devient alors une clé invitant à chercher plus en profondeur le sens de l’objet.
Il invite le spectateur à prendre son appareil photographique (quelqu’il soit) afin de photographier l’objet, contrairement
aux habituelles convenances d’exposition. A ce moment précis, l’oeuvre se révèle et l’interjection ET OUAIS apparait alors par
le biais du filtre de l’objectif. De par cet acte, le spectateur a ainsi découvert le sens réel de l’oeuvre, qui ne renvoit
qu’à l’évidence de la situation mise à nu.
Low cost monochrome, dessin, 2011 Post-it, encre de stylo bille 25cm x 25cm
Low cost monochrome est le résultat d’une tentative de recouvrement de la surface d’un post-it de par
l’utilisation unique d’un stylo bille. Le tramage visible rend acte d’un geste effréné et répétitif n’ayant pu aboutir à une
uniformité colorimétrique absolue.
Warning : Not NDE, installation in situ, 2011 Gyrophares Dimensions variables
Dans la pénombre des souterrains du fort La Redoute Marie Thérèse (Avrieux, barrière de l’esseillon),
une lumière au loin appelle le spectateur. Le balais lumineux des gyrophares, tel une respiration, invite à
s’attarder dans cet espace de passage.
Le cartel renvoit au papier dans lequel il a été découpé. Cette chute est alors exploitée et
considérée de part le fait d’être exposée.
Individu lisant un cartel, performance, 2010 Être humain Dimensions variables
Les cartels sont des éléments incontournables des codes d’expositions institutionnalisés. Ils ont pour rôle
d’informer le public sur les oeuvres (titre de l’oeuvre, composition, dimensions, technique, ...). Dans le
cas présent, le cartel conserve sa fonction mais renvoie directement au spectateur en déterminant l’action
même de sa lecture comme une performance à part entière. Ainsi, le temps de cette lecture, le spectateur
devient performeur malgré lui.
Cartel d'exposition, impression numérique, 2010 Encre, papier Dimensions variables selon les dimensions des cartels du lieu d’exposition
De par sa relation tautologique, le cartel s’élève au rang d’oeuvre d’art sans pour autant perdre sa fonction
propre : Informer. Ainsi, tout son contenu est régi par sa raison d’être et sa raison d’être est à son tour régie
par son contenu. L’intervention artistique se déclare au travers de l’écriture informationnelle du cartel.
Vue de l’exposition « L’esthétique des frontières », BSN, Annecy, Mai 2011
Under suction, installation, 2010 Pot de peinture, 10 litres de peinture Dimensions variables
Under suction se présente sous la forme d’un pot de peinture ouvert puis retourné à même le sol.
L’écoulement d’une petite quantité de peinture hors du pot permet alors, par un phénomène d’aspiration,
de maintenir la majeure partie du fluide en son sein. Un renversement du pot de peinture par un spectateur,
volontaire ou non, serait-il une destruction de l’oeuvre ou plutôt la continuité du processus artistique
engagé ?
Poule endormie, sculpture/performance/installation in situ, 2010 Poule Dimensions variables
Reprenant les codes d’expositions classiques au travers de son cartel et de son socle, ce travail n’est
autre que la mise en valeur d’une poule endormie, disposée sur ce dernier. Sur le socle se trouve donc un
cartel standard, sur lequel sont indiquées toutes les informations sur l’oeuvre : Poule endormie, sculpture/
performance/installation in situ, 2010. Composition : Poule. Dimensions variables.
Sans Titre, installation, 2009 Boules de pétanque, ramasse-boules Dimensions variables
Cette installation se présente sous la forme d’un plafonnier de boules suspendues, tenues par
des ramasse-boules (aimant au bout d’un fil). Elle tend à soumettre le regardeur à un rapport direct avec l’oeuvre en
faisant appel à ses craintes, ses sens, ses sentiments ou simplement à son imaginaire.
Vues de l’« Exposition de Noël », Ancien musée de peinture, Grenoble, Décembre 2009
Sans Titre, sculpture, 2009 Plexiglas, ampoule, eau, socle 156cm x 23.5cm x 23.5cm
Ce travail se veut être un pôle de danger singulier. La singularité provient de la mise en évidence d’un
phénomène que les moeurs collectives ignorent : il s’agit simplement de la possibilité de fonctionnement
d’une ampoule standard immergée dans l’eau, sans aucune isolation.
Sans Titre, installation, 2009 Clôture électrifiée, amplificateur, isolateurs Dimensions variables
Dispositif composé de câbles électrifiés utilisés habituellement pour parquer les animaux (vaches, chevaux, ...),
permettant ainsi une mise à distance intransigeante du spectateur.
Cette pièce suppose étendre sa superficie d’occupation au sein de l’espace dans lequel elle se trouve, au
détriment de la superficie octroyée aux spectateurs. Le dispositif est tantôt actif, tantôt inerte. Le regardeur
n’est plus vraiment dans une position d’observation mais plutôt dans une position de surveillance.
Sans Titre, objet, 2008 Perceuse sans fil, foret, socle 40cm x 50cm x 50cm
L’ensemble se déplace grâce aux forces générées par les rotations de la perceuse. La position définitive du
socle dans l’espace est relative à la stabilisation due à l’épuisement de la batterie de la machine.
Sans Titre, sculpture, 2008-2011 Lecteurs/Graveurs de CD/DVD, alimentations d’ordinateur, temporisateur Dimensions variables
Une accumulation de lecteurs cd-rom qui s’activent ponctuellement et redéfinissent ainsi perpétuellement
la forme de la sculpture dont ils sont la principale composante.
Un autre point de vue sur Salò, performance, 2007 Hauts parleurs, lecteur DVD, vidéoprojecteur, être humain 3m x 1m x 1m, durée : jusqu’à épuisement
Un autre point de vue sur Salò est une performance qui consiste en la vidéoprojection
en boucle sur mes fesses d’une scène se trouvant dans le cercle de la merde (Girone della merda) du film
Salò ou les 120 journées de Sodome (Pier Paolo Pasolini, 1975)(scène dans laquelle les fascistes choisissent le plus beau « cul »
parmi ceux de leurs esclaves). Le spectateur se retrouve donc dans la position des
fascistes de la scène diffusée, puisque son œil perverti est conduit à observer mon corps-support au travers de la
vidéoprojection, cet état étant renforcé par les propos des personnages qui s’appliquent autant à la situation
virtuelle qu’à la situation réelle.
Vue de Starlight 0.1a, Esaaa, Annecy, Juin 2010
Archives vidéos de Starlight 1.11 Pnp Edition, 2011 :
1, 2'06'' -
2, 1'24'' -
3, 0'31''
Vue de Starlight 1.04 PnP Edition, « Jeune
Création 2010 », Le 104, Paris, Novembre 2010
Starlight, installation auto-performative in situ, 2010-2011 Tubes fluorescents, dispositif de
commande électrique par protocoles DMX et Midi, ordinateur, dispositif d’amplification sonore Dimensions et durée variables. Collaboration : Vincent Betbeze, Jérémie Dauliac
Le projet Starlight consiste en la réappropriation des tubes fluorescents d’un espace. Chaque tube est
piloté indépendamment des autres, révélant ainsi l’espace d’exposition par fragments. A partir de cette
base, les sonorités émises par chacun des tubes fluorescents sont amplifiées puis diffusées en temps réel
dans l’espace. Nous appuyant sur la configuration du lieu, son histoire et son inscription sociale, nous
réalisons alors une composition lumineuse et sonore au travers de son système d’éclairage. Site web dédié du projet :
www.starlightartproject.com
Vue de Star Off, « Conduction », Le 104, Paris, Novembre 2011
Star Off, installation auto-performative in situ, 2011 Tubes fluorescents, dispositif
électrique et numérique, dispositif d’amplification sonore, utilitaire Dimensions et durée variables. Collaboration : Vincent Betbeze, Jérémie Dauliac
Star Off est une variante de Starlight, qui vient court-circuiter l’étape d’intégration
physique de l’installation au lieu. Le dispositif est alors présenté dans le véhicule utilisé pour son transport,
à l’emplacement prévu pour son déchargement. Ainsi, il n’est plus question de rapport à l’espace, mais plutôt du
déplacement de l’espace même de monstration. Star Off permet alors aux artistes de se détacher de la rigueur technique
intrinsèque au projet Starlight, au profit d’une liberté d’extrapolation et de destructuration de leur travail.
Site web dédié du projet :
www.starlightartproject.com
Sans Titre, installation, 2009 Fauteuil, aspirateur, téléviseur, DVD contenant un épisode de « Plus Belle La Vie », temporisateur Dimensions variables, durée : 23’31’’ (boucle). Collaboration : Jérémie Dauliac
Diffusion en boucle d’un épisode de « Plus Belle La Vie » perturbée
par des déclenchements programmés de l’aspirateur.
Giclures, performance, 2007 Compresseur, arroseur de jardin, pot de peinture blanche, ordinateur, vidéoprojecteur Dimensions et durée variables. Collaboration : Jérémie Dauliac
Giclures est une performance dans laquelle de la peinture blanche est
projetée sur un mur extérieur (d’un lieu en décomposition par exemple) à
dominante sombre. Dans le même temps, un film est vidéoprojeté sur ce même
mur mais est très peu visible, voire pas du tout, en fonction des teintes du
support. Lorsque nous projetons de la peinture, à l’aide d’un dispositif de
Jérémie Dauliac, le film apparaît progressivement dans les zones recouvertes
par les giclures de peinture.
Vue de la performance Krups Time, biennale Off de Bourges, Novembre 2008
Krups Time, performance, 2008 Durée définie par le spectateur de 1’ à 60’. Collaboration : Adrien Beaugheon, Jérémie Dauliac, Déborah Ghisu, Billy Margueron, Amandine Zaïdi
Dans une cour d’immeuble, un cabanon vitré à hauteur d’yeux. Un éclairage
révèle une tablette en bois fixée sur le chambranle extérieur de la porte qui soutient
un minuteur de cuisine de la marque Krups. Le Krups est amplifié par un piezo relié à
des enceintes donnant sur la cour. La porte est fermée. A l’intérieur du cabanon, six
performeurs vaquent à leurs occupations sans se soucier du public qui se trouve à
l’extérieur. Un des spectateurs enclenche le minuteur. Les performeurs s’installent
chacun sur une chaise face aux vitres en stoppant toute action. Ils attendent. Lorsque
retentit la sonnerie du Krups ils se lèvent et partent.
EXPOSITIONS
01/02/12
08/12/11-11/12/11
12/11/2011
10/11/2011
01/07/11-21/08/11
10/05/11-20/05/11
30/01/11-27/03/11
21/01/11-19/03/11
Starlight 3.4, festival 100 pourcents Kawenga Territoires Numériques, 21 Boulevard Louis Blanc, 34000 Montpellier
Miniflux, fête des lumières Galerie Tator, 36 rue d’Anvers, 69007 Lyon
Conduction lors de Jeune Création 2011 Le Cent Quatre, 104 rue d’Aubervillers, 75019 Paris
Star Off La Bifurk, 2 Rue Gustave Flaubert, 38100 Grenoble
Melrose Place Fort de l’esseillon La Redoute Marie-Thérèse, 73500 Avrieux
L’esthétique des frontières Bonlieu Scène nationale, 1 rue Jean-Jaurès, 74007 Annecy cedex
Black Hole, invitation de Johan Parent Le point commun, 12 avenue Auguste Renoir, 74960 Cran-Gevrier
Espace Détente, binôme : Amandine Zaïdi La Conciergerie - Art Contemporain, 17 montée Saint-Jean, 73290 La Motte-Servolex
07/11/10
25/09/10-16/10/10
28/06/10
06/05/10-02/06/10
06/02/10-25/04/10
07/12/09
06/12/09-03/01/10
21/04/09
Jeune Création 2010, Starlight 1.04pnp Edition Le Cent Quatre, 104 rue d’Aubervillers, 75019 Paris
Pavillon meublé Zone de turbulences, 21 rue Salomon Reinach, 30000 Nîmes
Installation in situ Starlight 0.1a Esaaa, 52 bis rue des Marquisats, 74000 Annecy
55ème Salon de Montrouge La Fabrique, 51 avenue Jean Jaurès, 92120 Montrouge
Sans Titre (ampoule), exposition de M. Weber Le Magasin (CNAC), 155 cours Berriat, site Bouchayer-Viallet,38028 Grenoble
L’Exhibition, performance Espace Dimanche, Avenue du Rhône, 74000 Annecy
Exposition de Noël du Magasin (CNAC) Ancien musée de peinture, 9 place Verdun, 38000 Grenoble
La première pierre Centre d’art contemporain La Panacée - Cité d’artistes, 34000 Montpellier
SUBVENTIONS - PRIX
Juin 2011
Septembre 2010
Avril 2010
Janvier 2010
Aide Individuelle à la Création délivrée par la direction régionale des affaires culturelles Languedoc-Roussillon (projet Starlight)
Prix Initiatives Jeunes délivrée par la Banque Populaire du Sud (projet Starlight)
Subvention Culture-Action délivrée par le Crous de Montpellier (projet Starlight)
Lauréat du prix des collectionneurs Edouard Barbe lors de l’Exposition de Noël organisée par le Magasin (CNAC)
PUBLICATIONS
Novembre 2010
Mai 2010
Février 2008
Catalogue de la Jeune Création 2010, éditions de la Jeune Création, Paris
Catalogue du 55ème Salon de Montrouge, le comptoir des indépendants, Paris
Catalogue 222, publication des Marquisats, Esaaa, Annecy
FORMATION
2010
2008
2005
DNSEP option Art, félicitations du jury Ecole supérieure d’Art de la communauté d’Agglomération d’Annecy
DNAP option Art, félicitations du jury Ecole supérieure d’Art de la communauté d’Agglomération d’Annecy
DUT Informatique, sciences de l’ingénieur Université P. Mendès France, Grenoble